de Jean-Daniel Pollet e Volker Schlöndorff, com texto de Philippe Sollers.
Méditerranée
Philippe Sollers
Une mémoire inconnue fuit obstinément vers des époques de plus en plus lointaines.
L’impression d’ancienneté augmente.
Pays multiples faussement endormis.
Et tout à l’air réglé du dehors infailliblement.
Et toujours cette montée d’immensité à l’intérieur,
cette montée de mémoire flottante.
On croit retrouver, survoler dans le noir un lieu d’autrefois.
On y est, maintenant, on y marche.
Une nuit, un aveuglement croissant.
Est-ce par là que l’on doit entrer ? est-ce là que l’on habitait sans le savoir ?
Un endroit où l’on aimait se cacher, s’arrêter.
Tout se fait horizon, tout se rapproche, tout se hante.
Sommeil par effacement, région des passages et des doubles et des choses vues sans vision.
Cependant en retrait, derrière le rideau, où il est encore interdit d’aller, l’accumulation de mémoire se poursuit, monotone, ancienne.
Un spectacle dont on sait bien, pourtant, qu’il ne viendra pas du dehors.
Tout doit changer de dimension, la moindre chose, ailleurs, est aussi vaste que la plus vaste.
Cela continue depuis des milliers d’années, on est pris dans ce théâtre de milliers d’années.
On est dans ce travail millénaire, incessant, l’une après l’autre les pièces du jeu sont reprises, elles seront relancées, autres et les mêmes, de la même façon et différemment.
Tandis que très haut, échappant au jeu, on dirait qu’un silence massif indique le nord.
Rien n’est fermé, bien sûr, dans ce glissement sourd.
Mais si l’on était regardé, conduit progressivement en aveugle à travers chaque première vision erronée.
Mais si non pas seulement un témoin mais une foule invisible vous regardait.
Si, en même temps, quelque part, dans un quelque part inimaginable, quelqu’un se mettait tranquillement à vous remplacer.
Si les rôles étaient redistribués.
Rien n’est fermé dans ce glissement dont la blancheur s’assourdit, s’accentue, chaque surface possible ici devient transparente, ouvre sur des tableaux imprévus, oubliés, ramenés en silence par cette mer blanche.
Tableaux ramenés et lentement rapprochés les uns des autres, emboîtés les uns dans les autres, silencieusement.
Si en même temps quelque part, quelqu’un se mettait tranquillement à vous remplacer.
Rien n’est fermé, dans ce glissement sourd,
on est dans son reflux.
Les pièces du jeu sont reprises, elles seront relancées, autres et les mêmes, de la même façon et différemment.
Dans cette oscillation, cette marge, à nouveau l’indication aveugle que la moindre choses est aussi vaste que la plus vaste.
Que le point de vue se situe également partout.
Tableaux ramenés et lentement rapprochés les uns des autres, emboîtés les uns dans les autres,
silencieusement.
Avec la sûreté de l’habitude, de la distraction.
L’accumulation de mémoire se poursuit, monotone.
Mais si l’on était regardé,
rien ne parle plus,
mais c’est une sorte de parole tacite, arrêtée, endormie juste avant la parole
qui ne peut traverser ce champ où elle est freinée.
Parole enfermée, basculant en surface.
Au vu de toute une foule calme, invisible.
Douleur dissimulée dans des paysages qu’on traverse sans pouvoir les atteindre.
Au vu de toute une foule calme, invisible.
Conduit progressivement en aveugle à travers chaque première vision erronée.
Douleur dissimulée dans des paysages qu’on traverse sans pouvoir les atteindre.
Le rapport se fait plus étroit, plus rapide.
Eléments neutres, se tressant et se refermant avec une acuité décisive,
évoluant ensemble vers un accord contrarié et sourd.
On est maintenant de plus en plus remplacé par un mouvement clair et sûr.
Le trait est tiré, derrière le rideau, où il est encore interdit d’aller, dans le suspens de la conjonction, de la juxtaposition finale.
Rien ne parle plus.
Contre toute attente, un reflux irrésistible, un recommencement plus lointain,
le mouvement, décollé de lui-même, distribue maintenant les distances et les rôles, de l’autre côté, continue dans la trame sa fonction inlassable.
Aujourd’hui, autrefois, ailleurs.
Tandis qu’une clarté, un réveil aveuglant, déborde et recouvre tout en silence, où l’on n’est plus qu’un point de plus en plus perdu et lointain.
- - -
(daqui)
os meus sublinhados.
uma viagem de três meses e meio por quinze países.
que gostei de ler: FILMS OF RUIN AND RAPTURE: In Search of Jean-Daniel Pollet de Chris Marke.
light gazing, ışığa bakmak
Sunday, March 13, 2011
Méditerranée, Jean-Daniel Pollet
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Ana V.
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Monday, January 31, 2011
maçãs
de desconversa em desconversa. onde: o universo de gente que nos rodeia deverá ser multifacetado e colorido para que alguém possa falar de alguém e ter nisso imenso prazer. não conheço os meus vizinhos mas tenho amigos que os conhecem e lhes sabem horas de entrada saída e profissões, estado na vida, amigos que fazem crescer maçãs em quintarolas. agora cortamos todos com o passado e seguimos na ilusão de uma vita nuova. no início de Dictionnaire amoureux de Venise está:
"Cent solitudes profondes conçoivent ensemble
l'image de la ville de Venise - c'est son charme.
Une image pour les hommes de l'avenir."
Nietzsche citado por Heidegger numa carta a Karl Jaspers de 12 de Agosto de 1949
e, mais tarde no papel, começa a entrada Aragon com "Voici une ténébreuse affaire."
e, tão depois, Elsa. (esta de Agnès Varda)
Elsa la Rose
Enviado por Lorelieke. - Descubra mais vídeos criativos.
de repente lembrou-me Irène, que cabe bem neste ninho de deambulações, quer pela frase primeira, quer pela Vita Nuova.
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Ana V.
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Friday, January 28, 2011
"Naufragar!"
para quem passa, a terra da pedra é uma rua só, ladeada por toda a categoria de edifícios, das mais díspares formas e idades, o caos que odiava tanto. algumas empresas viram para a estrada os seus enormes produtos. os apelidos são familiares, como dentro de paredes se escondem grutas preciosas. nada é o que parece ao estrangeiro, tudo é exactamente o que se vê para quem cresceu a ouvir essa linguagem. ainda em pedras, adiada a visita ao Museu Geológico por clareza indisputável de argumento: o Tron para a semana já não está lá e o museu está. arrumado o diálogo. Tron será.
em breve será perturbado o santuário caseiro. enquanto isso, viaja-se de papel.
"Nous sommes dans le superbe et imposant Teatro Olimpico de Vicence (Palladio), en juin 1998. Cecilia, dans sa belle robe rouge, s'avance devant les musiciens. Elle tape un peu du pied, elle les lance. Elle chante un extrait de Griselda (texte d'Apostolo Zeno, adapté par Goldoni). Je le donne aussi en français, mais il fault l'écouter en italien:
Agitata da due venti
freme l'onda in mar turbato
e'l nocchiero spaventato
già s'aspetta a naufragar.
Dal dovere da l'amore
combattuto questo core
non resiste e par che ceda
e incominci a desperar.
«Agitée par deux vents
l'onde frémit sur la mer troublée
et le marin épouvanté
se voit déjà faire naufrage
ce coeur combattu
par le devoir et par l'amour
ne résiste plues et semble céder
et commence à désespérer.»
Tempête, donc? Désespoir? Ce n'est pas ce qu'on va entendre. Attendez Cecilia sur le mot naufragar. Elle le module avec une joie sauvage, elle est ravie de sombrer, l'amour triomphe du devoir (dolore, amore). NAUFRAGAR!
no Dictionnarire amoureux de Venise de Philippe Sollers.
com sorte, aqui mesmo em Vicenza.
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Ana V.
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